Droit · Australie

Étudier droit en Australie

Le droit reste largement national : étudier le droit à l'étranger forme d'abord à un autre système juridique. Exercer comme avocat en France suppose des conditions propres. Voici ce qu'il faut savoir pour étudier droit en Australie : reconnaissance du diplôme, langue, budget et mobilité.

Le droit fait rêver pour son ouverture : diplomatie, grands cabinets, arbitrage, institutions européennes, ONG. Sauf que c'est aussi la matière la plus « nationale » qui soit. Le droit français n'est pas le droit anglais, ni le droit espagnol, ni le droit allemand : partir étudier le droit à l'étranger, c'est apprendre le droit d'un autre pays ou du droit international, pas une version « exotique » du tien. Bien joué, ça muscle un CV comme peu de choses. Mal cadré, ça peut te faire perdre une année. Voici le vrai brief, sans langue de bois, pour que ton départ serve vraiment ton projet.

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Pourquoi (et pour quoi) partir étudier le droit à l'étranger

Commençons par ce que tu gagnes vraiment. D'abord, l'anglais juridique (le legal English), une compétence rare et chère : lire un contrat, plaider, rédiger un mémoire en anglais ne s'improvise pas, et ça t'ouvre des portes qu'un très bon anglais « courant » ne débloque pas.

Ensuite, les matières qui n'ont pas de frontières : droit international public et privé, droit européen, droit du commerce international, arbitrage, droits humains, propriété intellectuelle. Sur ces terrains, étudier ailleurs a un sens direct, parce que la matière elle-même est transnationale.

Enfin, le signal. Une année à l'étranger, un LLM ou une double licence, c'est un marqueur fort pour les grands cabinets d'affaires, les organisations internationales et les entreprises qui recrutent des juristes capables d'évoluer entre plusieurs systèmes. La vraie question n'est donc pas « est-ce que c'est bien vu » (oui), mais pour quoi tu pars : un objectif clair change tout ce qui suit.

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L'essentiel à comprendre : le droit est national

C'est le point que personne ne te dit assez : un diplôme de droit forme au droit d'un pays donné. À Madrid, tu apprends le droit espagnol ; à Londres, le droit anglais (une logique de common law, très différente de notre tradition écrite dite de civil law) ; à Berlin, le droit allemand. Aucun de ces cursus ne t'enseigne le droit français, et aucun ne te transforme en juriste français.

Conclusion : partir a beaucoup de sens dans trois cas de figure.

  • Le droit international, comparé ou européen, par nature détaché d'un seul système national.
  • Le LLM en complément d'un cursus français : tu ajoutes une spécialisation et une langue à des bases françaises déjà solides.
  • La double licence ou le double diplôme bi-juridique, où tu apprends deux droits en parallèle et repars avec les deux.

À l'inverse, si ton but est d'exercer le droit français (plaider en France, passer un concours de la fonction publique française, faire du notariat français), partir seul à l'étranger ne t'y prépare pas : il te faudra de toute façon repasser par le cursus et les conditions françaises. La mobilité est alors un plus, jamais un raccourci.

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Où partir : destinations et formats

Les destinations réputées

Royaume-Uni : la référence en common law et pour les LLM, avec des facultés de tout premier plan. Attention, depuis le Brexit, le pays est hors Union européenne : les règles de reconnaissance automatique entre États membres ne s'y appliquent plus, et les frais pour non-résidents sont élevés.

Irlande : anglophone, common law, et dans l'UE, ce qui en fait une alternative maligne au Royaume-Uni.

Pays-Bas : un vivier de programmes enseignés en anglais, et La Haye, capitale mondiale du droit international (Cour internationale de Justice, Cour pénale internationale). Idéal pour l'international public.

Belgique : des cursus francophones (Bruxelles, Louvain, Liège) et la proximité des institutions européennes. La langue tombe, pas la valeur du diplôme.

Côté common law au sens large, pense aussi aux États-Unis et au Canada, très prisés pour le droit des affaires.

Les formats

  • L'échange (Erasmus+ ou accords bilatéraux) : un ou deux semestres validés dans ton cursus français. Le moins cher, le plus simple, parfait pour tester.
  • La double licence / le double diplôme : trois à quatre ans pour repartir avec deux diplômes (par exemple un LLB britannique et une licence française). Exigeant, mais imbattable si tu veux les deux systèmes.
  • Le LLM (Master of Laws) : un an de spécialisation, en général après un master, dans une université anglophone. C'est le format « accélérateur de carrière » par excellence.

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La reconnaissance en France : profession réglementée, comparabilité vs exercer

Ici, deux choses totalement différentes sont souvent confondues : faire reconnaître ton niveau d'études, et avoir le droit d'exercer.

1. La comparabilité académique. Un diplôme obtenu à l'étranger s'atteste en France via le centre ENIC-NARIC France, rattaché à France Éducation international. Il délivre une attestation de comparabilité (environ 120 €, 4 mois de délai maximum). Point crucial : cette attestation n'a aucune valeur juridique d'équivalence. Elle situe ton niveau pour un employeur ou un concours, elle ne te donne pas le diplôme français correspondant.

2. L'exercice d'une profession réglementée. Avocat, notaire, magistrat : ce sont des professions réglementées, dont l'accès suppose des qualifications précises fixées par la France. Un LLM à Londres ou une licence à Madrid ne suffisent pas pour plaider en France. Pour devenir avocat, il faut aujourd'hui, côté français : justifier des 60 premiers crédits d'un master en droit (M1) pour passer l'examen d'entrée au CRFPA (le niveau minimal pour exercer a d'ailleurs été relevé au master, M2, au 1er janvier 2025), réussir cet examen, suivre la formation (18 mois), décrocher le CAPA, prêter serment et s'inscrire à un barreau.

3. Le cas des juristes déjà diplômés à l'étranger. L'Union européenne encadre la reconnaissance des qualifications via une base de données des professions réglementées, et les avocats bénéficient en plus de directives spécifiques. Un avocat qualifié hors UE, EEE ou Suisse doit, lui, passer un examen de contrôle des connaissances (articles 99 et 100 du décret du 27 novembre 1991), avec un maximum de trois tentatives. Retiens l'idée simple : le diplôme voyage, le droit d'exercer beaucoup moins. Vérifie toujours ce point avant de choisir ton programme.

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Budget et réalité

Parlons argent, parce que les écarts sont énormes selon le format.

L'échange Erasmus+ est de loin le plus économique : tu restes inscrit et tu paies tes frais dans ton université française, tu suis les cours à l'étranger, et tu peux toucher une bourse de mobilité. C'est le meilleur rapport expérience/coût pour découvrir un autre droit.

Le LLM, à l'opposé, coûte cher : les frais de scolarité dans les universités anglophones réputées se chiffrent souvent en dizaines de milliers d'euros pour une seule année, sans compter un coût de la vie salé à Londres ou à Amsterdam. Renseigne-toi tôt sur les bourses (établissement, fondations, région, Erasmus+) : elles font toute la différence.

Côté langue, ne sous-estime pas la marche : la plupart des programmes exigent un test d'anglais (IELTS, TOEFL) à un niveau élevé, et l'anglais juridique est un cran au-dessus de l'anglais de tous les jours. Enfin, sois lucide sur la charge de travail : une année de droit à l'étranger, LLM en tête, rime avec un volume de lecture intense. C'est un investissement, pas une année sabbatique.

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Conseils avant de te lancer

Commence par ton objectif, pas par la destination. Si tu veux exercer une profession réglementée en France, garde le cursus français comme colonne vertébrale et ajoute la mobilité en complément. Si tu vises une carrière internationale (cabinet d'affaires, institutions, arbitrage), le droit international, un LLM ou une double licence prennent tout leur sens.

Vérifie la reconnaissance en amont. Avant de t'engager, regarde comment ton futur diplôme sera lu en France (comparabilité ENIC-NARIC) et, si tu vises une profession réglementée, les conditions exactes dans la base européenne des professions réglementées. Cinq minutes de vérification t'évitent une désillusion d'un an.

Teste à moindre coût d'abord. Un semestre en échange te dit vite si la common law ou le droit international te plaisent, avant de miser un budget de LLM.

Vise le bi-juridique si tu hésites. Un double diplôme t'évite d'avoir à choisir entre deux systèmes : tu repars avec les deux.

Anticipe la langue et le financement. Prépare ton test d'anglais tôt, monte ton dossier de bourses en avance, et chiffre le coût réel (frais + vie) avant de dire oui.

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Profession réglementée

Le diplôme est-il reconnu en France ?

Le diplôme se fait attester par comparabilité (ENIC-NARIC), mais exercer une profession réglementée comme le droit suppose de remplir les conditions nationales françaises (examens, barreau). Étudier droit en Australie forme surtout à un autre système.

Questions fréquentes

Bon à savoir

Question 01

Le diplôme de droit obtenu en Australie est-il reconnu en France ?

Le diplôme se fait attester par comparabilité (ENIC-NARIC), mais exercer une profession réglementée comme le droit suppose de remplir les conditions nationales françaises (examens, barreau). Étudier droit en Australie forme surtout à un autre système.

Question 02

En quelle langue étudie-t-on droit en Australie ?

L'enseignement se fait principalement dans la ou les langues du pays. De nombreux cursus existent aussi en anglais, ce qui aide sans maîtrise parfaite de la langue locale.

Question 03

Combien coûtent des études en Australie ?

Le coût dépend surtout du logement et de la ville. Utilise le simulateur de budget Larguo pour une estimation, et vérifie les frais de scolarité propres à l'établissement visé.

Question 04

Peut-on partir en Erasmus en droit en Australie ?

Australie n'est pas un pays Erasmus+, mais des accords d'échange existent selon ton établissement.

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